Officiellement, cette émission analytique de la télévision, québécoise la plupart du temps, américaine sporadiquement - pour éviter de se faire gronder par les téléspectateurs -, reprendra l'antenne le vendredi 19 septembre, à 21h. Joie! Cependant, deux des trois collaborateurs - Chantal Lamarre et Monique Simard - pèsent sur «off» en ce qui a trait à leur participation. Anne-Marie Withenshaw (intéressant) et Liza Frulla tenteront de conserver la force que détenait le trio des commentateurs (le cultivé Marc Cassivi étant le dernier tiers) l'hiver dernier.

Selon Richard Therrien, la pétillante Chantal Lamarre quitterait en raison d'«un malaise à critiquer ses pairs». O.K.
Supposons seulement que ce soit qu'une part des raisons du non-renouvellement de contrat de la comédienne avec ARTV... En avril dernier, après un troisième gala Artis plutôt réussi, François Morency soulignait son non-retour en 2009 et proposait justement Lamarre comme remplaçante. Cette présence hebdomadaire à C'est juste de la TV l'empêchait-elle de vaquer à d'autres occupations, telles qu'animer un gala Artis (lire TVA)?
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Du même souffle télévisuel, je retombe dans mes archives, ma foi peu nombreuses, pour vous présenter une simili-chronique que nous, futurs journalistes en ATM, devions rédiger en mars, à partir de ceci : «ce que j'aime».
/Se nourrir d’ondes hertziennes
J’aurais pu vous parler de mon amour pour les friandises ou pour la cannelle, mais je n’avais pas envie de vous faire saliver pendant la lecture de ce texte. Ou bien vous parler de mon intérêt pour les sports, mais ce serait mentir. J’opte plutôt pour un de mes hobbies, plutôt vu comme une entrave à l’activité physique : écouter la télévision.
J’aime entendre la voix perçante de Guy A. Lepage scander «Manon!». J’aime qu’une combattante comme Mia Farrow demande à Steven Spielberg de se retirer de l’organisation des Jeux Olympiques de Pékin sur le plateau d’une émission québécoise. J’aime des reportages comme ceux des Francs-tireurs, Patrick Lagacé et Richard Martineau. J’aime tout simplement l’information à portée de main (ou de télécommande), le divertissement garanti en tout temps ou les émotions que nous procure cette captivante boîte de tubes cathodiques.
«Captivante» constitue un adjectif bien modeste à mon avis, pour désigner la télé, en considérant la place qu’elle occupe dans la vie des gens depuis son apparition. Pour qu’il y ait désormais des chroniqueurs télé éparpillés dans le monde des médias, pour qu’il y ait le quart, le tiers, ou la moitié d’un bassin de population rivé devant le petit écran pour une même émission, pour que des pays influents comme les États-Unis ou la France se procurent quelques séries québécoises pour leur propre programmation, c’est sûrement que la télévision possède un certain charme. À mon égard, elle représente une véritable passion.
Un autre aspect que j’apprécie de cet acteur de la vie quotidienne : le débat qu’il engendre. En tant que fier défenseur de la télé, le titre de «sous-média» qu’on lui accorde en raison de son penchant vers la culture populaire m’éteint. En entrevue au Devoir, le réalisateur Podz affirmait récemment «qu’il y a encore un regard un peu hautain face aux artisans de la télévision». Selon Louise Cousineau, chroniqueuse télé à La Presse, «c’est la télé qui a montré (aux gens) ce qu’ils étaient et ils ont aimé ce qu’ils ont vu», à l’époque où Jeunesse d’aujourd’hui et Symphorien envoûtaient les chaumières. Alors, de mépriser ce produit culturel (favori au Québec et en France, soit dit en passant), c’est comme dire qu’Occupation double nous désespère, mais qu’on l’écoute tout de même pour voir.
De façon plutôt paradoxale, c’est la télévision qui me conduisit à m’intéresser au journalisme. En effet, ayant eu la piqûre pour «la matière» de mon téléviseur, je souhaitais en apprendre davantage à son sujet. Désir assouvi dans les pages des journaux où je trouve une couverture complète de la planète télévisuelle. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle maintenant la «reine des pages culturelles».
Tout compte fait, je suis probablement de ceux qui font gonfler la moyenne d’heures d’écoute télévisuelle établie à 27,6 heures par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) en 2007. C’est tout un aveu que je fais en ce moment, car comme m’a dit Louise Cousineau au congrès de la FPJQ, il est dur d’avouer qu’on aime la télé à un point où elle occupe une place (trop) importante dans notre vie. Dur d’avouer qu’on suit près d’une vingtaine d’émissions par semaine. Certains diront que cette pratique est exagérée, sinon pathétique. Quant à moi, je me réjouis de l’existence des magnétoscopes!
Que ce soit une fiction, un téléroman, une émission de variétés, un talk-show, un quiz, une télé réalité ou un bulletin de nouvelles, je me fais un malin plaisir de l’écouter, tout en l’analysant, histoire d’en faire une critique personnelle. Dernièrement, Marie-France Bazzo visait les chroniqueurs télé en disant à la grande messe du dimanche soir - Tout le monde en parle -, qu’on nécessite une télévision consensuelle. «On ne peut pas se limiter aux émissions qui font seulement des bonnes cotes d’écoute», disait-elle. Qu’une émission obtienne des cotes d’écoute de 20 000 téléspectateurs ou cent fois supérieures, l’important demeure la diversité. Surtout quand la pluralité est en voie d’extinction…
Actuellement, j’ai un vif intérêt pour la télévision dite urbaine (sans même habiter le Plateau) à la Minuit, le soir. Ce type de création est le résultat de «l’ère des nouveaux réalisateurs». C.A., Tout sur moi et Les hauts et les bas de Sophie Paquin pourraient également compléter ce style de réalisation, méprisé par plusieurs pour son image unilatéralement montréalaise. Dans un tout autre ordre d’idées, j’adore par-dessus tout l’absurdité de la défunte émission Le cœur a ses raisons, qui se logera sans doute dans les annales des séries cultes. Dans les miennes, du moins.
Au fait, vous ai-je dit que j’aimais la télévision?