mercredi 20 août 2008

Damnée interactivité

Je débute ma lecture d'une chronique signée Patrick Lagacé à propos de la peur des policiers de Montréal-Nord. Peur de voir la vengeance de certains résidants du quartier poindre après le décès de Freddy Villanueva. Mais un détail sur la page web de l'article me titille.


J'ai déjà visionné quelques photos de ce genre depuis leur apparition sur Cyberpresse, cet été. Une méthode de photographie originale qui permet d'apprécier les moindres détails d'un événement, sur 360 degrés. D'où le «bulle» de photo-bulle. Pour les feux d'artifice du 400e, le défilé des jumeaux ou le Grand Charivarir du Festival Juste pour Rire, je peux comprendre l'intérêt. Mais pour les funérailles d'un jeune homme de 18 ans décédé après une intervention policière musclée?

En regardant ladite photographie, je me suis rendu à l'évidence. On se fout éperdumment de pouvoir scruter les détails de ce dernier au revoir, si cela n'apporte rien de plus qu'une photo normale - déjà que la couverture de funérailles m'exaspère. À moins qu'une belle prise de vue sur une meute de kodaks vous intéresse. Ou peut-être voulez-vous savoir quel(s) type(s) de nuages surplombaient l'église cette journée-là. Cumulus? Stratus? Cirrus? C'est en ce sens que Cyberpresse «innove» dans ce cas-ci.

Une nouveauté qui m'apparaît maintenant comme une manière de «téléviser» les clichés d'événements marquant l'actualité - tant du côté des faits divers que des arts et spectacles semblerait-il. De les rendre plus dynamiques, plus «vous êtes le maître à bord». Un petit pas pour Cyberpresse, mais un grand pas pour la notion d'interactivité dans les médias?

mardi 19 août 2008

Des nouvelles de Simon

Simon Poulin, celui derrière le phénomène Papa me fourre - blogue conseillé ici, au début de l'été -, a laissé une piste sur Facebook concernant son retour dans la blogosphère. Comme statut, il a écrit ce matin : «vous allez avoir des nouvelles bientôt...». Toujours sur Fessebook (dixit RBO) - sur sa fan page cette fois -, il nous promettait une réincarnation «à l'automne mettons». Gageons que l'amateur de bandes dessinées saura nous surprendre une fois de plus avec ce nouveau projet qui, je le sens, devra porter le sceau «attention, peut causer une dépendance»...

lundi 18 août 2008

Le Rocker : coeur de rocker

Ma toute première avant-première cinématographique m'oblige à vous parler d'un film plutôt rigolo qui prendra l'affiche ce mercredi, 20 août.

Robert «Fish» Fishman (convaincant Rainn Wilson), véritable «adulescent» et batteur invétéré, n'a pas évolué depuis les vingt dernières années. Après s'être fait largué par ses trois comparses musiciens en 1986 - leur groupe, Vesuvius, alors aux portes de la reconnaissance -, il jure vengeance et espère voir l'étoile de ses ennemis pâlir. La partie 80'S du film - autrement dit, les premières minutes - contient plusieurs bons gags. Ça se gâte un peu lorsqu'on tombe dans le nouveau millénaire avec un Fish en peine d'amour musicale, toujours frustré d'avoir raté sa chance (et sa vie). Les gags «il-se-cogne-la-tête-sur-le-plafond-trop-bas» se répètent sans cesse et lassent à la longue. Tandis que les stéréotypes inhérents à la jeunesse se dessinent lorsqu'on fait la connaissance du groupe de son neveu, Matt - A.D.D. pour Adolescents Débiles et Déficients (c'est eux qui le disent) - : le chanteur mélancolique en mal de père, la bassiste rebelle qui ne sourit jamais et le rondelet claviériste exclu de la société qui n'a jamais connu l'amour d'une fille. Beau portrait des adolescents, donc. Et ce n'est qu'une bribe des clichés présentés. Cela dit, Matt et sa bande recherchent un nouveau batteur, à quelques jours d'une première performance à leur graduation. Vous imagez la suite?

La mini satire du show-business à l'ère des Youtube et MySpace vient sauver le scénario peu innovateur de cette comédie. Grâce à la captation d'une répétition via webcams mise en ligne (par la nièce de Fish) sur ledit site d'hébergement vidéo, la consécration se pointe dans la carrière du band à trois quarts juvénile. Et disons simplement que la revanche du quadragénaire se verra comblé par «un cas Ashlee Simpson»... De beaux clins d'oeil.

Enlevez les remarques vulgaires de leur imprésario (sosie de Pierre Bouvier, chanteur de Simple Plan) et les intrigues amoureuses prévisibles et vous obtenez une comédie plutôt rigolote, qui rappelle à certains égards l'étrange Josie et les Pussycats, la morale «des méchants producteurs qui dupent le public» beaucoup moins exagérée. Et surtout, de calibre supérieur.

/ Le Rocker (v.f. de The Rocker) : ***
+ La mini satire du show-business à l'ère des «cyber-tremplins» créateurs de vedettes instantanées, les premières minutes du film, le personnage de Fish, les hits d'A.D.D.
- Les clichés vis-à-vis des adolescents, les gags répétitifs, les histoires d'amour qui se glissent de façon évidente, l'inévitable vulgarité qui n'apporte rien au récit. Bref, les éléments typiques d'une comédie réalisée pour un public juvénile.

dimanche 17 août 2008

Le Chemin qui marche : et qui fait mouche!

Les concepteurs du «spectacle-expérience» ne nous ont pas fait marcher en nous promettant que «la légende du Chemin qui marche (transporterait) les spectateurs dans un univers magique», à la Baie de Beauport. En dépit des premières minutes manquées - cruciales pour comprendre le récit entourant les trois peuples imaginaires et le fleuve Saint-Laurent -, l'événement m'apparaît, tout comme Rencontres, une commémoration des fêtes du 400e, sous forme de spectacle à grand déploiement, alliant divertissement, histoire et originalité. L'oeuvre signée Olivier Dubois a été d'autant plus impressionnante par sa mise en scène - le numéro des acrobates sur le losange déplacé par une grue demeure le plus féerique -, sa scénographie, chargée, mais juste assez, et ses techniques de projection inusitées (sur ballon géant et sur mur d'eau). La sublime trame sonore s'est chargée de nous faire danser (ou de nous tenter) tout en appuyant merveilleusement le spectacle, qui se devait de nous rappeler l'importance du fleuve dans les premiers peuplements de notre nation. Ce qui me fait dire : amenez-en d'autres éléments à bagage historique à célébrer!


/Le Chemin qui marche sera diffusé à l'antenne de Télé-Québec le 7 septembre prochain, à 21h. Rediffusion : 12 septembre 20h.

Champion et Bran Van 3000 : dancefloor en plein air
DJ Champion et ses G-Strings n'ont pas tardé à prendre d'assaut l'énorme scène qui leur était offerte l'instant d'une heure et quelques poussières. Heureusement, car les pas de danse se formaient déjà dans le sable lors des derniers instants de la fable. Maxime Morin, flanqué de ses musiciens répondant au nom de sous-vêtements sexy, a mis la table lors de cette soirée au clair de (pleine) lune. La pièce la plus appréciée? No Heaven, sans surprise. Elle fait d'ailleurs partie des meilleures du répertoire interprété vendredi soir, c'est-à-dire celles soutenues par la chanteuse.

Plus tard, Bran Van 3000 a emboîté le pas des récipiendaires du Félix de l'album électro en 2005. Boiteux est justement le mot pour qualifier le début de leur prestation. Grosse déception pour moi de constater que près d'une heure a semblé nécessaire avant de sentir la véritable énergie, la vibe, du collectif - celle du leader, James Di Salvio, par contre, s'est dégagée dès sa première course sur scène. Problème de son par-dessus problème de son, on avait soit de la difficulté à entendre les représentantes féminines du groupe, soit aucune idée de quel morceau il s'agissait. Pas étonnant que la foule prête-à-danser ait été peu réceptive à certains moments. Lorsque Precious Love s'est animé avec puissance, gracieuseté Stephane Moraille et de son chaud timbre vocal, j'ai senti ma flamme pour le BV3K se raviver. Et elle n'allait plus s'éteindre avant les 1h15, heure à laquelle s'est terminé leur come-back scénique dans la Vieille Capitale.

Questionnement ici : pourquoi commencer par une pièce soft comme I Won't Lie Anymore et de glisser une balade (courte, dieu merci!) dans les rappels, quand une ambiance de piste de danse nous est promise? Signe que leur programme était trop calqué sur celui du Festival de Jazz? Un peu, beaucoup brouillon le show des Bran Van, mais sous un angle festif, on en dégage que le meilleur - Drinkin in L.A. et Astounded étant les inconditionnelles.

samedi 9 août 2008

C'est juste de la spéculation

ARTV a lancé récemment sa nouvelle programmation. Une chaîne spécialisée que je découvre agréablement de jour en jour. C'est juste de la TV en est d'ailleurs pour quelque chose.

Officiellement, cette émission analytique de la télévision, québécoise la plupart du temps, américaine sporadiquement - pour éviter de se faire gronder par les téléspectateurs -, reprendra l'antenne le vendredi 19 septembre, à 21h. Joie! Cependant, deux des trois collaborateurs - Chantal Lamarre et Monique Simard - pèsent sur «off» en ce qui a trait à leur participation. Anne-Marie Withenshaw (intéressant) et Liza Frulla tenteront de conserver la force que détenait le trio des commentateurs (le cultivé Marc Cassivi étant le dernier tiers) l'hiver dernier.

Selon Richard Therrien, la pétillante Chantal Lamarre quitterait en raison d'«un malaise à critiquer ses pairs». O.K.

Supposons seulement que ce soit qu'une part des raisons du non-renouvellement de contrat de la comédienne avec ARTV... En avril dernier, après un troisième gala Artis plutôt réussi, François Morency soulignait son non-retour en 2009 et proposait justement Lamarre comme remplaçante. Cette présence hebdomadaire à C'est juste de la TV l'empêchait-elle de vaquer à d'autres occupations, telles qu'animer un gala Artis (lire TVA)?

***

Du même souffle télévisuel, je retombe dans mes archives, ma foi peu nombreuses, pour vous présenter une simili-chronique que nous, futurs journalistes en ATM, devions rédiger en mars, à partir de ceci : «ce que j'aime».

/Se nourrir d’ondes hertziennes

J’aurais pu vous parler de mon amour pour les friandises ou pour la cannelle, mais je n’avais pas envie de vous faire saliver pendant la lecture de ce texte. Ou bien vous parler de mon intérêt pour les sports, mais ce serait mentir. J’opte plutôt pour un de mes hobbies, plutôt vu comme une entrave à l’activité physique : écouter la télévision.

J’aime entendre la voix perçante de Guy A. Lepage scander «Manon!». J’aime qu’une combattante comme Mia Farrow demande à Steven Spielberg de se retirer de l’organisation des Jeux Olympiques de Pékin sur le plateau d’une émission québécoise. J’aime des reportages comme ceux des Francs-tireurs, Patrick Lagacé et Richard Martineau. J’aime tout simplement l’information à portée de main (ou de télécommande), le divertissement garanti en tout temps ou les émotions que nous procure cette captivante boîte de tubes cathodiques.

«Captivante» constitue un adjectif bien modeste à mon avis, pour désigner la télé, en considérant la place qu’elle occupe dans la vie des gens depuis son apparition. Pour qu’il y ait désormais des chroniqueurs télé éparpillés dans le monde des médias, pour qu’il y ait le quart, le tiers, ou la moitié d’un bassin de population rivé devant le petit écran pour une même émission, pour que des pays influents comme les États-Unis ou la France se procurent quelques séries québécoises pour leur propre programmation, c’est sûrement que la télévision possède un certain charme. À mon égard, elle représente une véritable passion.

Un autre aspect que j’apprécie de cet acteur de la vie quotidienne : le débat qu’il engendre. En tant que fier défenseur de la télé, le titre de «sous-média» qu’on lui accorde en raison de son penchant vers la culture populaire m’éteint. En entrevue au Devoir, le réalisateur Podz affirmait récemment «qu’il y a encore un regard un peu hautain face aux artisans de la télévision». Selon Louise Cousineau, chroniqueuse télé à La Presse, «c’est la télé qui a montré (aux gens) ce qu’ils étaient et ils ont aimé ce qu’ils ont vu», à l’époque où Jeunesse d’aujourd’hui et Symphorien envoûtaient les chaumières. Alors, de mépriser ce produit culturel (favori au Québec et en France, soit dit en passant), c’est comme dire qu’Occupation double nous désespère, mais qu’on l’écoute tout de même pour voir.

De façon plutôt paradoxale, c’est la télévision qui me conduisit à m’intéresser au journalisme. En effet, ayant eu la piqûre pour «la matière» de mon téléviseur, je souhaitais en apprendre davantage à son sujet. Désir assouvi dans les pages des journaux où je trouve une couverture complète de la planète télévisuelle. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle maintenant la «reine des pages culturelles».

Tout compte fait, je suis probablement de ceux qui font gonfler la moyenne d’heures d’écoute télévisuelle établie à 27,6 heures par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) en 2007. C’est tout un aveu que je fais en ce moment, car comme m’a dit Louise Cousineau au congrès de la FPJQ, il est dur d’avouer qu’on aime la télé à un point où elle occupe une place (trop) importante dans notre vie. Dur d’avouer qu’on suit près d’une vingtaine d’émissions par semaine. Certains diront que cette pratique est exagérée, sinon pathétique. Quant à moi, je me réjouis de l’existence des magnétoscopes!

Que ce soit une fiction, un téléroman, une émission de variétés, un talk-show, un quiz, une télé réalité ou un bulletin de nouvelles, je me fais un malin plaisir de l’écouter, tout en l’analysant, histoire d’en faire une critique personnelle. Dernièrement, Marie-France Bazzo visait les chroniqueurs télé en disant à la grande messe du dimanche soir - Tout le monde en parle -, qu’on nécessite une télévision consensuelle. «On ne peut pas se limiter aux émissions qui font seulement des bonnes cotes d’écoute», disait-elle. Qu’une émission obtienne des cotes d’écoute de 20 000 téléspectateurs ou cent fois supérieures, l’important demeure la diversité. Surtout quand la pluralité est en voie d’extinction…

Actuellement, j’ai un vif intérêt pour la télévision dite urbaine (sans même habiter le Plateau) à la Minuit, le soir. Ce type de création est le résultat de «l’ère des nouveaux réalisateurs». C.A., Tout sur moi et Les hauts et les bas de Sophie Paquin pourraient également compléter ce style de réalisation, méprisé par plusieurs pour son image unilatéralement montréalaise. Dans un tout autre ordre d’idées, j’adore par-dessus tout l’absurdité de la défunte émission Le cœur a ses raisons, qui se logera sans doute dans les annales des séries cultes. Dans les miennes, du moins.

Au fait, vous ai-je dit que j’aimais la télévision?

lundi 4 août 2008

Yelle : séance de danse

Survoltée, la performance de la Bretonne de naissance, Française d'adoption, Yelle, et de ses deux acolytes : GrandMarnier (batteur) et Tepr (synthétiseurs et disc jockey) à la Grande Place de l'Espace 400e. Comme toute interprète hyper dynamique, elle souleva son public - surtout juvénile, parsemée de plusieurs néophytes (dont moi) - avec brio, épaulée par sa musique fluo et ses leggings rouge électrique. À la voir se dandiner, il était clair qu'elle voulait s'adonner, oui à la musique, mais plus particulièrement à la danse. Et que la foule fasse de même. Ses textes épicés et sarcastiques et ses puissants rythmes électro, versions scéniques, épataient. C'est dire qu'ils étaient parfaitement conçus pour une séance de danse (trop courte) d'une heure.

Québec vs. Montréal
Après la merveilleuse prestation, une passante me demande des instructions pour aller au Moulin à images. En attendant l'autobus, elle se questionne également sur la propreté de la ville. Est-ce toujours aussi propre ou c'est juste en raison du 400e? Elle est Montréalaise. Elle ajoute : «C'est beau Québec. C'est comme un grand village!». Pardon?

Photo : yelle.fr