La saison télévisuelle d'automne semble à peine commencer que l'heure est déjà au bilan de mi-parcours. Tout le monde en parle ou Le Banquier, le dimanche soir? Qui gagnera à Occupation Double? À qui ira le prochain «Es-tu content?» aux Auditions de Star Académie? Que de questions, me direz-vous.
Des auditions américanisées
Pour tout dire, je cherche toujours le glamour qui nous était promis, la compétence d'Herby à l'animation en direct et celle de Marianik Giffard en tant que juge. Heureusement que Pierre Marchand «le méchant» fait redescendre certains candidats de leur nuage, car la complaisance atteindrait son paroxysme tous les lundis 19h, à TVA. La suite du processus des auditions est floue. Reverrons-nous les candidats sauvés par le public ou le jury avant février?
C'est pas moi, je le jure!
Non, l'émission Les Parent n'est pas une reconstitution de ma vie familiale lorsque j'avais 12 ans, mais plutôt une sympathique comédie sous forme de vignettes (30 secondes à 3 minutes). Les fois où j'ai deviné le véritable dénouement d'une capsule se comptent sur une main. Donc, peu de prévisibilité, bonifié par l'excellent jeu des comédiens. D'autant plus que les jeunes de la distribution ne jouent pas faux comme beaucoup de débutants à Ramdam...
Annie et ses (malheurs)
La mainmise sur les Artis et les Gémeaux s'achève, les amis : le populaire téléroman en ait à sa dernière année. Pendant que toute la famille Séguin s'unit pour passer à travers une nouvelle épreuve (le cancer de Maxime), Éric se frotte (encore) à l'adultère. Message aux auteurs : on aurait pu s'en passer de celle-là.
La crise financière a des échos au Québec
Dépression. Les personnages de l'excellente série Les hauts et les bas de Sophie Paquin se la transmettent de semaine en semaine. Le rythme de quelques épisodes en a d'ailleurs souffert, après un début de saison efficace. N'empêche, les péripéties se bousculent depuis la reprise en main de Sophie tandis que les personnages secondaires épatent (Estelle et son émission de cuisine, Gisèle en quête d'euphorie). Mention spéciale au personnage de Martin, qui commence à sortir de sa carapace.
Jeu, stratégie et coups de coeur
La cinquième mouture d'Occupation Double a commencé en grand : le coup de marketing du candidat multimillionnaire, les gars qui doivent décider entre les robes colorées ou les robes noires sur le tapis rouge, la troisième demeure (et la revanche des robes de couleur), encore la troisième demeure (et la vengeance de Rémi). Vraiment, les concepteurs se dépassent cette année. Or, les répétés «À suivre...» dérangent à la longue. Bien bonne tactique pour plus de cotes d'écoute les mardi et mercredi, mais pour le contenu on repassera. La plupart du temps, on poireaute, on tourne autour du pot pendant 30 minutes. On pourrait très bien regarder que l'émission du jeudi et nous serions à peine déstabilisés. Prédiction : Mathieu et Jessica, les profils bas, hériteront de la belle maison (et tout ce qui vient avec).
Vingt heures, le soir
Avec une nouvelle facture visuelle - brute et froide -, Les Francs tireurs entament leur onzième année avec une formule clairement divisée : portion entrevue, portion reportage. Parfois, on aborde brièvement un sujet d'actualité - les coupures en culture, par exemple. «Je vais te montrer ça», la vignette d'environ deux minutes qui clot l'émission, est intéressante. Une personnalité monte sur une échelle, dans un lieu quelconque, pour se défouler ou pour partager une tranche de vie, sur le sujet de son choix (les nouveaux parcomètres, les affiches électorales, le boulevard Taschereau). Côté réalisation cependant, pourquoi exploite-t-on le style making-of en ne coupant pas au montage les bloopers ou les dessous du tournage?
2 gars, 2 filles tricotés serrés
Le quorum étant constaté - malgré quelques absences de Yannick -, j'aimerais qualifié la dernière flopée de C.A. de «petit bijou (non, pas de famille) télévisuel». Jean-Michel, le néo-loser en crise identitaire, est cinglant à souhait tandis que le couple Sarah-Martin incarne toujours à merveille le pathétisme conjugual. Qui aurait cru que la série de Louis Morrisette, malmenée à ses débuts, serait certifiée ISO-réussite trois ans plus tard? Les textes, riches en gags et en comparaisons irrévérencieuses, et la brillante réalisation de Podz (je ne me lasserai jamais des scènes mêlant flash-back et réalité) aident à apprécier lesdites réunions.
TV Hebdo
Dieu merci, C'est juste de la TV n'a pas perdu de sa qualité après l'important remaniement au sein de son équipe. D'ailleurs, Anne-Marie Wittenshaw vole souvent la vedette - lorsqu'elle commente, s'entend - à l'instar de Marc Cassivi. Liza Frulla, elle, m'allume moins, mais je n'irais pas jusqu'à l'envoyer chez le réparateur (fin des jeux de mots avec leur segments hebdomadaires). J'aime bien la chronique occasionnelle «Télé commande» qui permet à l'animateur André Robitaille d'imposer, à l'un des trois collaborateurs, l'écoute d'une émission à l'antipode de ses intérêts.
Méli-mélomanes
Si la crédibilité musicale recolle un jour à la peau de MusiquePlus, État critique en sera grandement responsable. Les commentaires et les analyses d'Anne-Marie Wittenshaw, de Sébastien Diaz et de Nicolas Tittley sont variés, pertinents et le débat est un élément qui manquait visiblement à la station musicale. En bas d'écran, la rubrique qui affiche les cotes données par lesdits collaborateurs, à un CD par exemple, est concrète et elle permet d'économiser du temps. À ce sujet, une émission d'une heure serait plus appropriée, à les voir pressés, quitte à esquiver plusieurs détails. D'ailleurs, la portion «Face-à-face», pendant laquelle on scrute le iPod d'un invité (Yves Pelletier, Ariane Moffatt), aurait plus de souffle.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire